by Emile Verhaeren.
Originally published in The Savoy (Leonard Smithers) vol.1 #4 (Aug 1896).
La nuit d'hiver élève au ciel son pur calice.
Et je lève mon cœur aussi, mon cœur nocturne,
Seigneur, mon cœur! vers ton pâle infini vide,
Et néanmoins, je sais que rien n'en pourra l'urne
Combler, et que rien n'est dont ce cœur meurt avide;
Et je te sais mensonge et mes lèvres te prient
Et mes genoux; je sais et tes grandes mains closes
Et tes grands yeux fermés aux désespoirs qui crient,
Et que c'est moi, qui, seul, me rêve dans les choses;
Sois de pitié, Seigneur, pour ma toute démence,
J'ai besoin de pleurer mon mal vers ton silence! . . .
La nuit dhiver élève au ciel son pur calice!